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C'est jeudi, c'est poésie

 

Une petite lumière

Tu vois une petite lumière descendre sur ton ventre
   pour t'éclairer
- Une femme s'étire comme une fusée -
Au coin là-bas une ombre lit
Ses pieds libres sont trop jolis

Court-circuit au coeur
Une panne au moteur
Quel aimant me soutient
Mes yeux et mon amour se trompent de chemin

 
C'est jeudi, c'est poésie
Un rien
Un feu que l'on rallume et qui s'éteint
J'ai assez du vent
J'ai assez du ciel
Au fond tout ce qu'on voit est artificiel
Même ta bouche
Pourtant j'ai chaud là où ta main me touche
La porte est ouverte et je n'entre pas
Je vois ton visage et je n'y crois pas
Tu es pâle
Un soir qu'on était triste on a pleuré sur une malle
Là-bas des hommes riaient
Des enfants presques nus parfois se promenaient
L'eau était claire
Un fil de cuivre rouge y conduit la lumière
Le soleil et ton coeur sont de même matière




"Chauffage central" de Pierre Reverdy in Sources du vent (Ed. Maurice Sachs, 1929)

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