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The hottest band in the world.

par Pagman 15 Septembre 2009, 10:18 À part ça


... Je vous l'avais promis, vous étiez obligé d'y passer. Depuis le temps que je saoule tout le monde avec le groupe phare de mon adolescence au point d'en emmener quelques uns avec moi au concert de Juin dernier à Bercy, quel pied, il fallait bien que je vous fasse ma petite Kissology illustrée un de ces jours. Soyez bénis, futurs membres de la Kiss Army, ce jour est venu. Halélouilla mes frères, que le rock and roll s'abatte sur vous.

Comment vous parler de Kiss ? Comment vous faire partager mes attentes fiévreuses devant le disquaire de la Porte de Saint-Cloud, dans ma veste en jean sans manches avec logo géant fait à la main au feutre dans le dos, tout émoustillé à l'idée de posséder leur nouvel opus de vinyle dès l'ouverture de cette damnée grille ?

Comment vous faire comprendre les heures passées dans le bureau de mon grand-père à creuser des sillons encore plus profonds sur ces 33 tours que je jouais avec sa superbe platine Dual tandis que de la pièce d'à-côté, il s'arrachait le peu de cheveux qui lui restait en se disant "Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de lui ?". Avec le volume à 11 sur l'ampli, ses oreilles ne tenaient pas le choc et pourtant, il avait tâté du canon.

Comme le dit magnifiquement Ted Nugent, autre grande figure du riff qui pique : "If it's too loud, you are too old". T'inquiètes pas Papi, je m'en suis finalement sorti, j'ai même eu mon bac de façon miraculeuse et grâce à l'appareil photo que tu m'as offert à cette occasion (Minolta SRT 100x, excellent boitier), j'ai changé le sens de ma vie. Vers où, je ne sais pas encore mais au moins le sens a changé. Je te dirai quand je serai arrivé. Mais revenons à Kiss qu'il ne faut pas confondre avec des moutons. Béée non.

Kiss est né de la rencontre en 1970 de Gene Simmons, de son vrai nom Chaim Witz et de Paul Stanley, de son vrai nom Stanley Harvey Eisen. Deux gamins juifs New Yorkais du Queens, de son vrai nom le Queens. Paul et Gene se découvrent une passion commune pour le son qui tache et la capacité du son qui tache à leur ramener facilement des gonzesses bien foutues. Ils ont 21 et 24 ans et la sève de leur jeunesse bouillonne dans leurs artères encore fraîches. C'est trop beau, on dirait du Musso.




 
 L'époque est au glam rock qui pousse de partout avec les New York Dolls, The Planets et Alice Cooper. Même Bowie et Peter Gabriel s'y mettent. Les deux petits gars, Paul et Gene, ne sont pas des buses mais leurs premiers groupes Rainbow et Wicked Lester ne démarrent pas vraiment. Cantonnés aux bas-fonds du Lower East Side de Manhattan, ils arrivent bien à enregistrer un album "The Original Wicked Lester Sessions", trouvable par bouts sur le net, mais il n'est pas distribué à part aux potes et aux connaissances. Le son du groupe oscille entre rock, folk rock et pop avec guitares, basse, claviers et percus, c'est un peu mou du cul.


Paul et Gene décident alors de former un nouveau groupe avec une vision musicale axée sur un rock lourd plus progessif. Paul est guitariste et chanteur, Gene est bassiste, ils se cherchent donc un guitariste Lead pour les solos qui tuent sa race et un batteur pour le poum tchak poum tagadoum. Ils repèrent dans Rolling Stone l'annonce d'un batteur : "Experienced rock and roll drummer looking for original group doing soft and hard music". L'annonce est signée "Peter, Brooklyn". Ils l'engagent vite fait car Peter Crisscoula n'est pas manchot, ce qui est mieux pour un batteur même si Rick Allen le batteur de Def Leppard s'en sort très bien aussi avec un seul bras. Ils passent ensuite une annonce dans le magazine new-yorkais The Village Voice : "Lead guitarist wanted with flash and ability. Album out shortly. No time wasters". Un petit voyou des bas-fonds de New York arrive, une chaussure rouge et une orange aux pieds et une guitare en bandoulière. À la seconde audition, ses solos inspirés, techniques et lyriques ont convaincu les trois autres membres du groupe et en plus, c'est pas le dernier pour la déconne ni pour faire passer la binouze. Guitares, basse, batterie, binouze, tout le monde est là, on peut y aller.


Leur premier concert le 30 janvier 1973 au Popcorn Club dans le Queens est un succès formidable : 3 personnes dans la salle pour apprécier leur nouveau rock lourd et nerveux, leurs maquillages dégoulinants et leurs tous nouveaux costumes de cuir noir achetés dans des boutiques sadomaso du quartier. Mais les bases de Kiss sont là : quatre personnages survitaminés, des Comics sur pattes, grimés outrancièrement, quatre Super Hérocks. Le Rockabuki est né. À qui ? À Buki, je vous dis. Gene Simmons est le Démon, ailes de chauve-souris et platform boots de 20 centimètres, crachant du feu et du sang sur les premiers rangs. Paul Stanley est l'Enfant des Étoiles, romantique et velu, Ace Frehley est l'Homme de l'Espace, Silver Surfer de l'accord ultime et Peter Criss est le Chat, feûlement de cymbales, roulement de velours et attaques sauvages de grosse caisse.


C'est Paul Stanley qui propose le nom Kiss alors que Peter Criss évoque les souvenirs d'un de ses anciens groupe, Lips. Ace Frehley dessine le logo dans un moment de sobriété avec ces deux S comme des éclairs mais où d'autres verront plus tard une référence nazie, l'insigne des SS. La mère de Gene Simmons ayant survécu à l'Holocauste, cette interprétation est aussi fantaisiste que d'autres acronymes imaginés sur le nom de leur groupe : Knights In Satan's Service (les Chevaliers au Service de Satan) repris dans l'excellent film Detroit Rock City ou Keep It Simply Stupid (pas besoin de traduire tellement c'est simplement stupide).


En Mars 73, Kiss enregistre une cassette démo 5 titres avec le producteur Eddie Kramer qui a produit entre autres un petit gars nommé Jimi Hendrix. Mais c'est Bill Aucoin et pourtant il n'a rien fait, qui après les avoir vus plusieurs fois sur scène au cours de l'été, va réellement leur mettre les platforms boots à l'étrier. Bill Aucoin est un ancien de la télé et en producteur avisé, il est persuadé du talent des quatre fêlés qui sentent fort sous leur cuirs moites après le show. Il leur propose de devenir leur manager. Les quatre fantastiques acceptent à la condition Mir Express qu'il leur fasse signer un contrat dans une maison de disques dans les 15 jours. Aucoin, pas bonnet d'âne, se met en contact avec Neil Bogart, ancien chanteur pop et producteur de Buddah Records, qui vient de créer son nouveau label, Casablanca Records. Ca tombe bien, Neil est à la recherche de nouveaux talents et ça fait tilt dans ses esgourdes quand il écoute la démo. Fin 73, le groupe enregistre son premier album intitulé "Kiss", joue en première partie de Blue Oyster Cult à New York mais malgré une énorme campagne de pub, peine à entrer dans le Top 100 américain.



Malgré tout, les concerts se succèdent et Kiss commence à se faire un nom avec leur rock épileptique, leurs shows pyrotechniques et leurs costumes excentriques. Une cohorte de fans se met à les suivre, prémices de la Kiss Army. En 74, le groupe retourne en studio pour leur deuxième album "Hotter than Hell"qui sort en Novembre. Le son s'alourdit, se durcit, s'assombrit. Le groupe parcourt les Etats-Unis et impose ses shows énormes avec crachats de sang, jets de feu, cassage de guitare obligatoire, explosions à gogo comme dans un John Woo mais sans colombes, et pluies de confettis. Les fans grossissent, grossissent, pas seulement à cause de Mc Do, Pizza Hut et Taco Bell's. Mais au niveau des ventes, ça patauge encore dans le Chili.




Troisième album, début 75. "Dressed to Kill". Quelques hits passant sur les radios de New York mais rien de folichon non plus. Neil Bogart est au bord de la faillite avec Casablanca. Alors Bill Aucoin, sale gosse, joue son va-tout et non, le va-tout n'est pas un instrument à vent néo-zélandais. Il décide de financer une série de concerts dans les plus grandes arènes du pays pour enregistrer un album Live. Car Bill voit bien que si les ventes d'album sont faméliques, il y a quand même de plus en plus de monde qui suit ses protégés. Il est pas con, Aucoin. Il vide son Codevi et finance la tournée.
 



À l'été 75, Kiss joue au Cobo Hall de Détroit devant plus de 12 000 personnes. En Septembre, l'album "Alive !" sort. L'album de la dernière chance. Très vite, les ventes grimpent comme la température dans le caleçon de Rocco Siffredi devant une chèvre de l'Est. L'album entre directement à la 9eme position dans le classement américain puis devient Disque d'Or, Disque de Platine et Double Platine. Neuf fois Disque de Platine à ce jour soit Disque de Platine, Disque de Platine, Disque de Platine, Disque de Platine, Disque de Platine, Disque de Platine, Disque de Platine, Disque de Platine et Disque de Platine. Soyons précis.
 



La Kiss Army est en marche dans le monde entier. S'ensuivent d'excellents albums comme "Destroyer" en 1976 produit par Bob Ezrin, le must des producteurs de l'époque, qui s'était occupé de Pink Floyd, Lou Reed et Peter Gabriel. Ace Frehley qui titille gravement la bibine et autres frivolités nocturnes absorbables, s'embrouille quand il vient, ce qui est rare, avec Ezrin au point d'être remplacé sur certaines chansons. Ce n'est que le début. "Rock and Roll Over", l'album suivant enregistré la même année avec Eddie Kramer, autre top producteur, est un retour aux sources du son Kiss. S'enfermant dans un théâtre du New Jersey, le Nanuet Theatre, ils tentent de capter à nouveau leur énergie sur scène. La partie des guitares acoustiques est enregistrée dans le guichet de vente des tickets et le reste dans la grande salle. On est rock and roll ou on ne l'est pas.
 

      

Le groupe est tellement populaire que Marvel leur fait l'honneur d'une bande-dessinée de niveau assez moyen, je le sais car je l'ai et en double même, mais qui restera pendant 10 ans la meilleure vente de Marvel. Il faut dire que côté promotion et publicité, ils avaient assuré en donnant chacun un peu de leur sang pour qu'il soit mélangé à l'encre rouge de la couverture. Ze Kings of Marketing.



Kiss s'envole ensuite pour le Japon et déclenche une Kisstérie à chacun de leurs passages car les Japonais et les Japonaises les trouvent trop super Kawaï. Ils se permettent de remplir pendant quatre soirs le Budokan de Tokyo, battant le record précédent détenu par les Beatles. L'année suivante, ils réitéreront l'exploit mais cinq fois de suite. Histoire de faire la nique aux petits gars de Liverpool une fois de plus. Imagine all the people.









"Love Gun" en 1977 est également produit avec Eddie Kramer mais les dissensions au sein du groupe s'intensifient. Peter Criss et Ace Frehley ont du mal avec ce cirque incessant et s'absentent par moments. Malgré tout, ils enregistrent un film, enfin, un téléfilm, enfin une sorte de long-métrage totalement hilarant au cinquième degré : "Kiss meets the Phantom of The Park, ultimissime nanar signé NBC, énorme succès d'audience mais très mauvaise opération pour l'image du groupe. Pourtant, en Juin 77, un sondage classe Kiss comme Groupe numéro 1 en Amérique. Pas mal pour des petits New Yorkais de base.




Je vous mets la première partie du film Kiss contre les Fantômes sur Youtube ci-dessus et si vous en avez le courage, vous trouverez facilement les autres mais tout le film, enfin, le film, le téléfilm, enfin, le téléfilm, enfin, le long-métrage kitschissime ou plutôt kississime est là, à portée de clic.


1979, l'avènement du Disco. Costume blanc, chemise noire, permanente permanente. Kiss s'associe avec Vinnie Poncia, producteur Whizzz Disco Dance. C'est l'album"Dynasty" avec leur tube le plus connu et honni par les fans les plus durs car le disco, c'est de la merde, "I was Made for Lovin You" que vous avez obligatoirement entendu un jour ou l'autre dans votre vie et qui met ma fille en transe. Ma Kiss Army à moi aussi est en marche. Méchamment dans la dope, Peter Criss ne joue quasiment pas, remplacé au pied et aux baguettes levées par Anton Fig. Puis vient "Unmasked" en 1980 avec sa fabuleuse pochette façon Comic Book qui scelle définitivement le départ de Peter Criss du groupe.









"Music from the Elder" en 81, un album concepto-médiévalo-musique-de-film-héroic-fantasy un peu étrange mais pas sans charme avec Eric Carr, le Renard, à la batterie. Ayant à nouveau fait appel à Bob Ezrin, Kiss voudrait faire un film façon The Wall mais l'idée fut abandonnée en chemin. L'album seul est un échec total, le premier revers pour Kiss depuis longtemps. Personne ne comprend cet album-concept avec des cordes et des trompettes façon Rutger Hauer dans La Chair et le Sang. Ace Frehley se barre définitivement du groupe avant d'être victime d'un accident de voiture quelques mois plus tard qui l'immobilisera pendant plusieurs mois et ajoutera les médicaments à la liste de ses dépendances précédentes. Comme s'il avait besoin de ça.




Durant cette période, Vinnie Vincent fut le remplaçant d'Ace Frehley. Il ne resta pas longtemps, vite remplacé par Mark Saint John, lui même remplacé par Bruce Kullik, à ne pas confondre avec Grosse Colique, qui pâtit un moment du retour éphémère d'Ace Frehley avant qu'il ne disparaisse à nouveau, remplacé par Tommie Thayer qui était ailleurs avant mais plus maintenant. Côté batterie, Eric Carr, remplaçant de Peter Criss, est remplacé par Eric Singer parce qu'il est mort. Pas Eric Singer, Eric Carr, le Renard. Vous suivez toujours ?

"Creatures of the Night" sort en 1982 et "Lick it Up" en 1983 et c'est l'album qui marque la fin de mes années Kiss. Pas seulement parce qu'en perte de vitesse totale, les gugusses n'avaient rien trouvé de mieux que de montrer pour la première fois leurs visages à la foule exsangue et ébahie mais parce que j'avais 13 ans, les hormones en ébullition et les Kiss des filles étaient finalement vachement plus agréable que le Kiss de Kiss. Et que leur style vestimentaire neo hard rock allemand flashy à zébrures moulantes était vraiment trop pour moi.




S'ensuivirent malgré tout un paquet d'albums tels "Animalise"en 1984, "Asylum" en 85, "Crazy Nights" en 87, "Hot in the Shade" en 89, "Revenge" en 92, "Carnival of Souls", en 97, "Psycho Circus" en 1998 et "Sonic Boom" en 2009 mais je n'en parlerai pas car je ne les ai pas écouté et ce serait dommage de parler de musique sans l'avoir ouï. Oui, j'ois avant de l'ouvrir. Quand j'ai ouï, oui. Oyez vous ?

Hm, bref.

Kiss, c'est tout de même pas loin de 100 millions d'albums vendus dans le monde en 36 ans, 2500 produits dérivés, du mug au tee-shirt, de la couette à la casquette, 24 disques d'Or, 9 Disques de Platine mais j'en ai déjà parlé et 10 Disques Multi-Platine que même pas je savais que ça existait. Mais Kiss, c'est surtout un rock reconnaissable en tous, parfois un peu facile mais d'une pureté presque naïve dans son expression. Du rock bon enfant fait par des sales gosses de New York. Du rock qui tache un peu mais ça part au lavage. Du rock sans prétention. Du rock avec des potes âgés, un peu aux choux désormais. Mais des potes quand même.





Kiss a annoncé la sortie d'un nouvel album studio enregistré cet été qui sortira le 6 Octobre 2009. Je ne serai pas devant mon petit disquaire de la Porte de Saint-Cloud car la FNAC lui a fait la peau depuis longtemps. Mais je ne pourrai pas m'empêcher d'y jeter au moins une oreille, peut-être deux, en espérant que ce soit juste du Kiss, du lourd, du bon et que j'y retrouve la magie du concert de juin à Bercy, où j'avais 12 ans à peine. Un album paraît-il dans la lignée de "Rock and Roll Over" et " Love Gun", parmi mes favoris. 11 nouvelles chansons et Gene Simmons qui dit que ce serait leur meilleur album depuis 30 ans. Quel escroc, ce Gene. Mais j'y serai avec mon argent de poche économisé en faisant des baby-sittings.

Je vous l'avais promis, vous l'avez eu. You wanted the best. You've got the best. The hottest band in the world. Kiss. Gene, Ace, Paul, Peter, mille millions de fois merci. Kiss rules et pour encore très longtemps. 



 

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