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Avatar (ta gueule à la récré)

par pagman 20 Janvier 2010, 08:09 L'actu qui tue


... Je viens d'aller voir Avatar. Tant qu'à faire, au Max Linder. Avec des lunettes 3D comme dans notre jeunesse quand TF1 nous annonçait "La Créature du Marais" en exclusivité sur ses ondes en partenariat avec Télé 7 Jours qui fournissait les dites lunettes. Avatar va marquer le cinéma. Il va définitivement le faire passer dans l'ère 3D et les publicités avant le spectacle du soir pour d'autres films pour enfants tous en 3D confirme ce fait. Le cinéma va passer à l'ère 3D avant qu'elle ne soit probablement supplantée un jour par l'ère holographique puis par l'ère encore autre chose.


avatar-wallpaper-1.1261394081


J'en vois déjà qui se frottent les pouces. Georges Lucas va nous ressortir ses épisodes daubesques 1, 2, 3 remasterisés façon 3D et peut-être même la Trilogie qui, elle, valait le coup d'œil pour engranger quelques centaines de millions de plus. Snake on the Plane va aussi ressortir en 3D. Et avec un peu de chance, un producteur avisé se penchera sur les films de Russ Meyer pour les ressortir aussi en 3D. Ca, ce serait une excellente idée.


Fond d'ecran Avatar Nature


Avatar n'en manque pas, d'idées. Le film est d'une richesse, d'un générosité visuelle comme rarement vu. Chaque détail est pensé, chaque plan est réfléchi, chaque petit moustique de la jungle de Pandora nous fait rentrer dans l'image, dans l'histoire et dans la peau des personnages. D'accord, ils sont bleus. D'accord, ils font tous du taille 34, ce qui n'est pas pour déplaire à Karl Lagerfeld qui voudrait faire de nous tous des avatars. Mais on se prend au jeu, c'est un grand spectacle en son et lumière malgré une bande son désastreuse. Insupportable. Mais passons.

4080-avatar-personnages-WallFizz

Avatar a la beauté du diable et je dis "diable" car je ne crois pas au paradis mais sinon, j'aurais pu dire "Avatar a la beauté du Paradis" mais je ne le dirai pas. En tout cas, c'est sublime. Le monde crée par James Cameron est tellement bien restitué qu'on a presque l'impression d'être chez soi, de l'avoir déjà vu, de s'y être baladé. Avatar est une vraie réussite visuelle et on sait à chaque seconde qui passe où sont passés les 300 millions de dollars de production. C'est léché comme un membre de John Holmes et hallucinant comme un omelette au Peyotl dans un film de Jan Kounen. Grâce à un remarquable travail sur la profondeur de champ, on entre dans Avatar comme dans aucun autre film.

Fond d'ecran Avatar futur

Mais... car oui, il y a un mais, quand on dépense 300 millions de dollars comme James Cameron, ne serait-il pas possible d'en utiliser un ou deux pour avoir un bon scénariste ? On se doute bien dès le début que le gentil méchant va devenir un gentil gentil et que les méchants indigènes, les Na'vis sont en fait gentils et pas si cons et arriérés qu'ils en ont l'air et que les méchants ne sont pas ceux qu'on croit et tout le tralala habituel de la mécanique hollywoodienne. On se doute que le héros, hé ben non, il ne meurt pas à la fin même si on croit que oui mais en fait non. On se doute que le méchant, par contre, oui, il va mourir dans d'atroces souffrances trop horribles. Mais autant dans Starship Troopers, on sent que Paul Verhoeven nous emmène droit vers une caricature de genre, autant on ne sent jamais, au grand jamais ce deuxième degré chez James Cameron. Les gentils restent les gentils et ne meurent pas à la fin et les méchants, ah ce splendide plan du chef balafré des méchants qui lance l'attaque décisive un mug de café à la main, restent des méchants jusqu'au bout. Les Indiens à gauche, les Cowboys à droite et surtout, surtout, pas de finesse s'il vous plaît. Tout y est, la gentille chicano qui était dans le camp des méchants mais qui va aller dans le camp des gentils cause que les méchants, ils sont méchants. Le chef de mission, cupide et veule qui reste bien cupide et veule. La bataille finale de 40 minutes qui remplace avantageusement la poursuite sur les chapeaux de roues dans les rues de la ville mais sans ville, c'est pas facile alors à la place, on a mis une baston.  

2009 avatar 001

Quel dommage qu'un tel chef-d'œuvre visuel soit aussi bas de plafond qu'il nous emmène haut dans les étoiles. Quel dommage que l'image soit au détriment de l'idée. Quel dommage que ce spectacle si coloré soit aussi manichéen, en noir et en blanc. Quel dommage d'avoir si peu à dire quand on a tant à montrer. Quel dommage d'offrir un spectacle si inattendu et une histoire tellement attendue. Quel dommage qu'il y ait un mais de trop dans ce texte qui s'en serait passé avec plaisir.
 
 

 

commentaires

Pierre-Alain Four 21/01/2010 10:59


Heu en fait non : le mais c'est vrai, il s'impose et le commentaire sur les images, je suis à fonds d'accord, mais sur le mais, non. Parce que si les personnages sont manichéens, le propos du film
sur le développement par l'exploitation des ressources de la planète, et des hommes, ce "texte" là, il est clair, explicite, certes mais intéressant et pas si fréquent dans un film de SF. Alors
d'accord les personnages sont parfois caricatural, mais pas tant : où voit-on une femme, pas toute jeune, être une scientifique douée, qui croit dans la science plus que dans les rapports de
pouvoir ? Et qui meurt à la fin, bien que du côté des gentils ? Quel film d'anticipation dit l'intelligence ne triomphe pas, il faut aussi de la stratégie ? Dans quel cinéma, même d'auteur on a ça
? Et malgré tout, tout ça, c'est clair, c'est accessible, ça peut être lu par tout le monde et tout le monde en effet le voit. Alors pour tout ça on peut pas dire mais, on doit dire chapeau de
méler politique et grand public. PA


pagman 22/01/2010 18:31


Oui PA. 


Ripley 20/01/2010 14:42


D'accord à 99 % (et pas 100 parce que Snake in the Plane c'était méga cool !)


Côme 20/01/2010 08:58


Absolument d'accord. Faudra voir ce que donneront les 2 et 3, à mon avis ce sera encore plus ras des pâquerettes...


pagman 20/01/2010 13:49


Espérons surtout qu'il n'y ait pas de 2 ou de 3


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