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L'Homme qui tua Liberty.

par PA Gillet 25 Avril 2012, 12:44 La vie est un Western

 

... Telle une flatulence malodorante arpentant le long de la cuisse, frayant son chemin entre les plis d'un caleçon à l'hygiène incertaine afin d'atteindre enfin la liberté, Shark sentait le vent tourner. Et ça refoulait sévère. Frankie Lowland était en avance d'une courte tête. Mais pour Shark Ozzie, vu ses mensurations inhabituellement limitées, ça faisait déjà beaucoup. Un gouffre. Le grand canyon. Et c'est bien pour ça qu'il fouettait grave nonobstant l'ingestion d'un chili quasi avarié la veille qui n'arrangeait pas forcément les choses. Talonné, aha, enfin façon de parler, à droite par l'inattendue accession de Mareen Nepel à la troisième place pour le poste de Sheriff, Shark s'était empressé dès les premiers résultats de lui faire une cour assidue à coups d'œillades appuyées, de dédiabolisation instantanée et en lui offrant soudainement une respectabilité toute neuve alors qu'il la stigmatisait encore pas plus tard qu'il y a pas longtemps en affirmant bas et fort qu'ils n'étaient pas du même monde même s'il faudrait voir à pas prendre les papooses du grand Sachem pour des appaloosas sauvages.

 

WANTED-SHARK.jpg

 

Oubliés les remords, les reproches, passant d'un extrême à l'autre, Shark mettait désormais tout en œuvre pour faire le grand jeu à Mareen Nepel. Mise en quarantaine de tout ce qui portait moustache brune dans le secteur (femmes et enfants compris), rideaux de velours bleu et rouge de part et d'autre de la scène du saloon, Schnaps pour tout le monde, Shark avait même poussé le vice à se défriser les cheveux, se teindre en blond et à s'habiller entièrement en noir. Petit détail qui faisait toute la différence, il arborait non pas une mais deux étoiles de Sheriff avec un grand S dessus côte-à-côte sur sa poitrine d'athlète savamment sculptée par des heures à porter son poney sur le dos (voir le tout premier épisode de La Vie est Un Western : Duel au soleil.). Sur la scène, il avait lui-même sélectionné les danseuses du saloon. Black Diamond et Lolita Stacouere avaient eu leur jour de repos. Shark avait également remis la main sur la bonne mine de l'Allemande Perdue qui était unanimement dénommée l'Allemande Retrouvée depuis pour faire plus simple. La célèbre Angel Hammerkel (voir ici Ballade pour un fauteuil.). Virant promptement de la scène Carlula Belluni, sa guitare et son filet de voix, il avait installé Angel là pour lui faire chanter de jolies chansons de son pays avec son accent si pittoresque, ja, gut, schön. Quand Mareen passa les portes du saloon, elle se sentit instantanément chez elle. Virevoltant comme une mais que deviennent, que deviennent les valses de Vienne, de Vienne autour des tables de soiffards, elle s'approcha de Shark Ozzie, ses yeux bleus dans ses yeux pas bleus mais on fera avec. "Toi, tu me fais de l'effet, Nœud". Elle avait cette curieuse habitude de baptiser "Nœud" tout les gens qu'elle affectionnait particulièrement. Devant un tel compliment, Shark Ozzie sentit le rouge lui monter au visage. Et comme à force de se taper la tête de rage contre les murs de chaux depuis dimanche, il avait des bleus partout, du blanc devant (la chaux au poing d'impact) et désormais du rouge aussi, ce front tricolore acheva de faire fondre la Mareen. Un beau front national. Coup de grâce, il sortit de sa veste un sublime collier de perles et grâce à l'ajout d'un tabouret savamment placé au bon moment par un adjoint zélé pour arriver à niveau de la tête de la blonde haltérophile, il lui attacha avec délicatesse autour du cou, gage de leur amitié voire plus si affinités. Et ce qu'il avait prévu arriva. Mareen défaillit à ses pieds, Mareen mouilla sa gaine, Mareen coula tout droit. Car tout le monde ne le savait pas encore à l'époque mais quand la Mareen un somptueux collier de perles arbore, la Mareen coule toujours.


commentaires

Bustin 25/04/2012 16:09


Rien à voir, mais cadeau quand même : kiss-live-in-mannheim-1976

PA Gillet 27/04/2012 10:30



Je connaissais mais mille mercis pour l'attention. Kiss rules.



Dom 25/04/2012 15:31


Magnifique dernière phrase, et magnifique première phrase aussi (on sent que tu reviens d'une semaine intensive à manger des monjhettes, ben couillon...)

PA Gillet 27/04/2012 10:31



Les mojhettes, ça inspire. Parfois aussi, ça expire...



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