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Junior Boner *

par PA Gillet 24 Février 2011, 17:33 La vie est un Western

 

... Boris "Boy" Lion était un charmant garçon mais fallait pas lui courir sur le haricot non plus. Quand il s'énervait, il traitait vite les gens de débiles avant de les transpercer façon brochette de barbecue. Car malgré sa bouille de jeune communiant prêtrophile, il avait déjà la croupe tannée à force de surveiller la tribu des Iraquois, cousins des autres à crêtes. C'est dire que Boris n'était pas né de la dernière pluie. Ni même de l'avant-dernière pluie ou de celle encore avant l'avant-dernière. Né de parents Pieds-Rouges (comme les Peaux Rouges mais seulement au niveau des pieds), Boris développa un caractère impulsif dès sa prime enfance. Pour son premier anniveraire, il tue père et mère à coups de hochet, rageant de n'avoir pu réussir à les vendre comme il le souhaitait contre une super trompette qui fait pouët pouët. Engagé volontaire dans l'armée à 2 ans, il grimpa assez rapidement les échelons bien qu'ils fussent un peu haut pour ses petites gambettes. Caporal-Chef à 3 ans, il bataillait sabre au clair d'une main et tambour de l'autre car il aimait bien faire ratatatata et eviscérer les gens en même temps, à l'heure où d'autres vont à la pêche avec une bouteille de Sky, Le Chasseur Américain et un casse-dalle.

 

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À 4 ans, on lui décerna le grade de Sergent-Chef tellement il était bon, tellement il était fort, tellement il aimait aller à la boucherie avec cette insatiable envie de découper de l'humain en fines rondelles. Blessé au combat, il dût subir une lobotomie mais pour être soldat, ça ne gênait pas vraiment. Bien au contraire. Du coup, il passa automatiquement Lieutenant mais garda toujours au fond de son regard un petit quelque chose de cette expérience.

 

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Après la bataille de Little Big Horn où il fut le seul survivant (il s'était caché dans un poney mort, une odeur insoutenable qui le suivra toute sa vie), on lui attribua la plus haute distinction de l'armée américaine, la Medal of Honour, ainsi que le grade de Colonel, un nouveau poney tout frais, quinze jours de vacances à Hawaï, un percolateur pour son café et un tambour tout neuf. Tout ça à seulement 5 ans.

 

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Le 9 avril 1865 à Appomattox en Virginie, il fait capituler le Général Lee et son armée au grand complet, armé d'un simple bâton. C'est dire s'il est balèze et droit dans ses bottes, le Boris. Un Boris decker. Pour cet acte de bravoure, on lui décerna la Medal of Honour, la plus haute distinction de l'armée américaine. Il est nommé Général à 6 ans, comme le prouve l'image de son intronisation ci-dessous. Un document tiré des archives nationales de l'armée américaine alors pas de doutes à avoir. Ca doit être un vrai. L'armée ne ment jamais. Ca se saurait.

 

boilon2.jpg

 

Dès la fin de la guerre pendant laquelle il s'était lâchement caché dans le terrier de Benito, son lapin chinchilla favori, Shark Ozzie décida de l'engager pour faire respecter la loi à Chihuahuan et sa banlieue limotrophe. Il avait une telle confiance en Boris qu'il l'envoya même pourparler avec Kaha-Dha, chef d'une tribu assez réputée pour son méchoui de bison, ses squaws qui se battaient comme des hommes et ses teepees gigantesques plantés n'importe où. Kaha-Dha apprécia tellement le garçonnet qu'il l'appela vite "Mon petit Kaha-Da fils". Mais d'un autre côté, tout le monde fait des erreurs dans la vie. Ce fut d'ailleurs la dernière du chef Kaha-Dha que Boris assassina nuitamment dans son sommeil en le tambourinant à mort. Un massacre.

 

Big-City-2.jpeg

 

Une fois cet ignoble forfait accompli, Boris "Boy" Lion revint à Chihuahuan, tout guilleret mais la liquette foutue, tant elle était maculée de sang de bon indien, puisque mort. Pour le compte de Shark Ozzie et Frankie Fillone, son âme damnée (ha ha ha), Boris fit régner l'ordre et la terreur, s'acquittant parfaitement de cette nouvelle tâche en trucidant l'impétrant chaland récalcitrant à coups de baguettes. Des baguettes tragiques. Malgré ses fréquentes crises meurtrières et sa fâcheuse tendance à réaliser des solos insensés en tapant comme un sourd sur son tambour, son unique ami surnommé "John", il avait bonne âme, ce Boris. Un bon zozo. Il était comme ça. Insupportable mais tellement trognon, surtout en maillot de bain.

 

 

À suivre...

 

 

 

 

*

 

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Chez nos amis anglophones, "To have a boner" signifie "Avoir la gaule". Par extension (aha), un "Boner" est un jeune abruti. "Junior Boner" est donc un très jeune abruti. Tout ce qui convenait à la carrière précoce et fulgurante de Boris "Boy" Lion. Et sinon, "Junior Bonner, le dernier bagarreur" est aussi un film de 1972 de Sam Peckinpah avec Steve McQueen, Ida Lupino, Robert Preston et Ben Johnson, pas le stéroïdé, un autre et il fallait que vous sachiez que Junior Bonner est en quelque sorte la métaphore de son réalisateur Sam Peckinpah dont toute la filmographie n'est que la dénonciation d'un monde moderne inhospitalier, un XXe siècle hypocrite et axé sur le profit et non sur l'honneur et c'est pas cool. Un rodéoman, Junior Bonner, parcourt les États-Unis de concours en concours en gagnant tant bien que mal sa vie mais plutôt mal que bien. Le rodéo suivant, à Preston, lui permet de retrouver son père et sa mère qui vivent désormais séparés ainsi que son frère, promoteur immobilier arriviste qui s'est enrichi en bradant le ranch et tout le domaine parental, dans son propre intérêt. C'est pas cool non plus. Junior va tout faire pour gagner le concours qu'il a perdu l'année précédente, malgré un tirage au sort qui lui attribue un taureau particulièrement redoutable. Et ça, c'est cool. Grâce à la prime gagnée au rodéo, il offre à son père, rêveur idéaliste, un billet d'avion pour l'Australie, sa destination de rêve et ça, c'est supra cool. J'en ai la larme à l'œil (source Wikipedia et un peu moi)


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