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Après la Pub : The return de The Revenge de The Spectrometers


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... Tel le Salinger de la musique électronique, tel le Howard Hugues du sample parfait, tel le... bon ça suffit, tel qu'en lui-même finalement, The Spectrometer reste un personnage énigmatique dont il n'existe que très peu d'images. Quelle ne fut donc pas ma surprise, aaaah, quand je reçus ce petit paquet sous pli discret en provenance de la tanière du Monstre. Avec des images dedans en plus. Pourries, floues, mal cadrées mais des images et c'est assez rare pour le souligner. A y'est.

Le Spectrometer qui, du fait de sa schyzophrénie latente se fait aussi appeler The Spectrometers et je confirme qu'ils sont plusieurs là-dedans, reste un être mystérieux. Ou des êtres mystérieux si vous préférez. De lui, allez simplifions, on ne sait peu chose si ce n'est qu'il est toujours très bien habillé, qu'il aime le couscous boulette et merguez et qu'il tient ses cigarettes très bizarrement, d'un geste altier, anachronique, tout droit sorti d'un film noir des années 40. Le Spectrometer n'est pas seulement secret mais sa production est destinée à un public averti, trié sur le volet qui, pourtant, n'a rien demandé. Pas le public bien sûr, le volet.


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Car le public en demande et en redemande du Spectrometer ou des Spectrometers. Sous une apparence austère comme dirait Paul qui prend à Jacques pour donner à Rachid mais pas souvent, sa musique est un écheveau de sons, d'ambiances, de beats choisis et de concordances chromatiques qui demandent une attention soutenue. C'est pas du Christophe Maé. C'est du lourd. On ne se met pas dans la musique du Spectrometer en faisant du thé. Ca ne concorde pas. Voici d'ailleurs par étapes, comment apprécier la musique des Spectrometers. ou du Spectrometer. Je m'embrouille. Le Spectrometer ne fait pas de la musique comme les autres. D'ailleurs, voici son nouvel opus. Oui, oui, ceci est un opus mais à travers les âges, les opus ont beaucoup évolué. 


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Une boite plastique. Clinique, médicale, 8 centimètres par 6. Un titre : "MAKE YOUR OWN INSTRUMENTED GLOVE". Bienvenue dans le monde des Spectrometers. Des noms mystérieux : Noise & Western, Tape Damage, Fantomas qui êtes aux cieux, Le Malaise de l'idée du Néant... je vous avais dit que c'était pas du Christophe Maé. Mais poursuivons et soyons curieux en décidant de retourner cette boite.


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De l'autre côté, si vous avez bien retourné la boite une fois car si vous le faites 2, 4, 6 ou 8 fois, vous reviendrez à votre point de départ, nous découvrons une clé. La clé des songes version USB. Une clé nue, délestée de tout sauf de l'essentiel, son contenu. Sous la clé, une matière plastique. Ouvrons la boite si vous le voulez bien. Une fois dépliée, cette matière s'avère être un gant de latex. Indubitablement.  


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Placez le gant sur votre main ou sur votre pied mais ce sera moins pratique. À l'aide de votre main gantée, prenez la clé USB avec précaution et vos doigts gantés car là, ce sera plus pratique. Placez la clé USB dans la fente destinée à cet effet sur votre ordinateur tel Papa dans Maman, Papa dans la Voisine ou Papa dans Maurice ou Maurice dans Papa dans Maman, c'est selon mais ça devient franchement cochon.


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La clé clignote grâce à une jolie petite diode rouge. Tout marche. Tout est en place. Le virus est prêt.


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Cliquez sur l'icône qui n'aura pas manqué d'apparaître sur le bureau de votre ordinateur et laissez vous entraîner dans le monde délicat, inquiétant, jouissif du ou des Spectrometer(s), seul ou à plusieurs.


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Comment décrire l'univers des Spectrometers ? Prenez Cousteau, John Ford et John Carpenter. Rajoutez un soupçon de Suicide et une larme de John Barry. Mixez-le tout. Secouez. Branchez votre casque Sennheiser. Mettez le volume à un niveau non négligeable. C'est à peu près ça.

Les Spectrometers vous emmènent dans un train sans freins. Passée l'introduction minimaliste de "Noise & Western" qui laisse présager un duel imminent, marqué par un rythme entêtant qui va et repart comme un esprit dans un château écossais, on rentre dans le dur avec une course-poursuite virtuelle dans "Tape Damage". Steve Mac Queen sous ecstasy. Couscous Bullit électronique. Un instant de répit, de vagues vagues et "Fantomas qui êtes aux Cieux" calme votre cœur à bout de souffle. Oui, le cœur souffle. Et alors ?

Mais 50 secondes plus tard, deuxième montée d'adrénaline. Le beat vous remonte dans les veines, "Le Malaise de l'Idée du Néant" vous concasse la bidoche de basses. Une armée de zombies est derrière vous et bien qu'ils ne courent pas vite, ils sont nombreux les gueux. Ils se rapprochent. Ils sont là. Break. "Beautiful Glasseye" vous ouvre ses portes, asile, refuge, sanctuaire. De l'orgue contre les Barbares. Mais déjà voici que "Black Comet Caliente" démarre et vous glace le sang. Seul échappatoire possible, vous descendez un puits profond. L'écho des hurlements vous vrille le cervelet. Il fait noir. Tel Brice sur la ligne TGV, vous avancez à tâtons. Un rai de lumière. C'est "Ah !". Rauque, rugueux, rustique. Rutger Hauerien. Oui, "Ah !" c'est un Répliquant qui renifle vos traces, c'est The Hitcher sur votre piste, sur vos talons. Vous êtes mal.

Un échappatoire, une porte qui s'ouvre, c'est "Sale Obscure". Vous vous êtes caché dans ce vieux cinéma désaffecté. À l'écran, un film en noir et blanc. Comme un vieux 78 tours, l'image saute et revient toujours sur la même scène. Rengaine. "Thème Usé" relance la poursuite, Point Limite Zéro qui monte en puissance avant le grand crash. Mais où va le Spectrometer ? Seul lui le sait mais vous êtes embarqué comme copilote. On passe directement la cinquième et on accélère à fond les ballons sur "How to divide a Circle". Le compteur s'affole. 180, 190, 200. Les platanes ressemblent à des bananes. Le plus petit écart et c'est la mort assurée. Rester concentré. Filer droit devant et voir ce qui se passe, suivre la ligne blanche. Tracer sa route. Ca y'est, ça freine. Un souffle de vent pour se rafraîchir et "Did he Ever Talk ?" donne un peu de répit pour réfléchir. Où vais-je, que fais-je, où cours-je comme le dit si bien le cornichon Malossol atteint de gigantisme.

Le repos n'est que de courte durée. "Tantalized" vous remet le feu au fondement, direction "Mars en Train", deux minutes d'arrêt et une nouvelle aventure. Des bribes d'un encéphalogramme. La fusée décolle. Vous êtes en apesanteur, le voyage s'annonce long même si votre capsule est très accueillante. Des flashs de votre poursuite vous hantent encore mais les béta-bloquants de 8eme génération qu'on vous a prescrit font leur effet. Vous sombrez dans un psychocoma que Mœbius n'aurait pas renié. "A solemn Warning to Dancers" vous ramène à la réalité, vous voici arrivé, accompagné de quelques scritchs de vinyles qui vous laissent dépités car c'est déjà terminé.

Space Oddity des années 2010, Dark Side of the Moon kinétique, Make Your Own instrumented Glove est une réussite musicale tout autant que visuelle. The Spectrometers nous offrent du cinéma pour les oreilles, du son pour les yeux. Alors que vous soyez un ou plusieurs, bravo à toi, à vous et vous aussi, oui, vous.


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Pour retrouver le Myspace de tous les Spectrometers réunis, c'est juste ici : link et pour l'article que j'avais consacré il y a plusieurs mois à le ou Les Spectrometer(s), il faudra que je me décide un jour, il n'y a qu'un endroit, c'est pas ici, ni là, c'est exactement là : Après la Pub... the Spectrometers  

 
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C
<br /> Si monsieur The Spectrometers vous lisez cet article, je profite de l'occasion pour vous remercier bien bas de cette attention si gentille qui a ému et attendri toute la famille. C'est Ekta qui<br /> fait la gueule maintenant...<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Je suis d'accord avec la dame.<br /> <br /> <br />