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C'est vendredi, c'est Double D.

par pagman 3 Septembre 2010, 09:13 Le Bordel du Vendredi

 

... Car oui, on a beau être vendredi, jour de poisson (berk) et de bordel (yeah), je me suis rendu compte à la lumière de l'article consacré il y a quelques jours à ces sublimes photos russes de 1909 où j'avais évoqué par un jeu de mots foireux la mémoire de Russ Meyer, né Russel Albion Meyer le 21 mars 1922 à Oakland, Californie, que je ne lui avais jamais consacré de papier. Et pourtant, il y a tant à dire sur Russ Meyer que certains d'entre vous doivent connaître principalement pour les épatantes qualités pulmonaires de ses collaboratrices. C'est déjà ça, entends-je.

 

Oui, c'est vrai. Mais Russ Meyer est bien plus que ça. Russ Meyer est un sacré bordel à lui tout seul, un réalisateur qui a bousculé pas mal de codes, inventé un style de prises de vues qui fut repris et honoré à sa suite par des grands réalisateurs. Du travail de montage aux changements de plans insensés, des plongées profondes aux contre-plongées avisées, Russ Meyer a contribué à rendre le cinéma plus vivant. De plus, ses films sont une représentation, certes caricaturée à l'extrême de la folie, de l'Amérique profonde des années 50 à 80 et ils sont sociologiquement très intéressants. De Mondino pour la 205 à John Water et Tarantino, Russ Meyer a laissé son empreinte en 28 films. Et en 95 D.

 

Tout d'abord, si vous le voulez bien, vous pouvez vous coltiner la vie de Russ en 7 épisodes ci-dessous, histoire de découvrir le personnage haut en couleurs et large en formes. Sinon, passez les 7 vidéos suivantes et poursuivez plus en avant. Enfin, plus bas.

 

Russ Meyer oscilla tout le long de sa carrière entre succès inespérés et échecs cuisants, les premiers permettant de financer les second, en règle générale. Sa passion, que dis-je, son obsession pour les poitrines imposantes lui viendrait de la nounou qui le gardait petit car sa mère était seule, délaissée par son ex-mari policier. Pour ses 14 ans, elle lui offre sa première caméra, une Univex 8mm, qui lui permet très vite de remporter des prix pour ses films amateurs. Mais le jeune Russ est timide, il a du mal avec les filles et seule la lecture des BD d'Al Capp, les "Lil' Abner Stories", relatant les mésaventures d'un mari aussi musclé que stupide et de sa splendide épouse fortement dotée, lui permet de s'évader d'une bien morne réalité. C'est beau. Très vite, Russ se met à fréquenter des shows "Burlesques", grande mode de l'époque, où il apprend la vie et l'anatomie féminine par la même occasion. Faut pas gâcher. Sexe, humour et décalage, les valeurs de Russ se mettent doucement en place.


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En 1942, ben, c'est la guerre. Russ a 20 ans, il est mobilisé. Et comme il sait se servir d'une caméra, il est incorporé à l'unité des actualités hebdomadaires de l'armée. Rapidement, sa compagnie suit le Général Patton. Un mec bien vu qu'il avait un bull-terrier nommé Willie que voici.

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Sauf que le Général, il est pas là pour jouer les touristes. Du coup, Russ non plus. Le 6 juin 1944, Patton débarque à Omaha Beach. Et Russ Meyer filme tout le débarquement, entre les obus, les balles qui sifflent et les copains déchiquetés. Affecté ensuite à la 2eme DB du Général Leclerc, il entre en libérateur dans Paris, toujours caméra au poing. Quelques jolies filles de Paris plus loin, il rejoint à nouveau Patton sur le front de l'est, se retrouve en plein bataille des Ardennes où ça défouraille sévère et termine la ballade en photographiant les camps de concentration.
En 1945, il est démobilisé. Il retourne direct voir des shows burlesques car ça le titille et il arrive à rentrer dans une maison de production de films industriels. Il s'emmerde mais il apprend le métier. Il rencontre une jeune femme, Eve. Elle devient son modèle puis son amante puis sa femme. En juin 55, la Playmate du mois dans Playboy n'est autre qu'Eve Meyer, photographiée par son mari.

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En 1959, il sort enfin son premier film "The Immoral Mr Teas", un film sans dialogues de 63 minutes, avec juste une voix de narrateur. Mister Teas est un vendeur itinérant de brosses à dents et autres instruments d'hygiène bucco-dentaire. Et étonnamment, Mister Teas rencontre très souvent des femmes fort peu vêtues, à croire qu'elles font la sieste toute la journée, et fort bien pourvues, à croire que ce serait fait exprès. Le film est un carton, il lui rapporte un million de dollars, soit 40 fois sa mise. Russ Meyer vient d'inventer un genre : le "Nudie". Les années suivantes, il poursuit dans la même veine avec "This is my Body", "Eve and the Handyman" avec sa femme, "Naked Camera", "Erotica", "Wild gals of the Naked West", "Europe in the Raw", "Heavenly Bodies" et, j'adore le titre de celui-là, "Skycrapers and Brassières". Tout un programme mais pas vraiment des chefs-d'œuvres dans l'ensemble. "Lorna", le film suivant, est un succès. Fanny Hill, celui d'après, un échec. Mais Russ poursuit sa quête. C'est en 1965, avec trois films dans l'année, "Mudhoney", "MotorPsycho" et "Faster Pussycat Kill Kill" que le style Russ Meyer prend sa forme quasi définitive.


Bon, c'est en italien, ok, je sais.

À la fin des années 60, le porno prend son essort et la nudité s'insinue insidieusement, c'est salaud, dans le cinéma traditionnel. Le X ne l'intéresse pas du tout et malgré quelques succès, il n'a pas assez d'argent pour s'offrir des stars dans ses films. Mais à nouveau, Russ Meyer va frapper un grand coup en 1968 avec Vixen, l'histoire d'un nymphomane insatiable qui saute sur tout ce qui bouge, homme, femme, mode d'emploi, tout. Le film coûte 72000 dollars à Russ. Il lui rapporte 15 millions. Et la prestation incendiaire de la splendide Erica Gavin n'y est pas pour rien. Elle campe une prédatrice sublime, libérée... et raciste qui se refuse à Niles, ami noir de son mari cocu jusqu'au fond de l'os. Car les films de Russ Meyer ne cesseront plus de dénoncer le racisme, la noirceur humaine, prenant ouvertement position contre la guerre du Vietnam, fustigeant les extrêmes de tous bords sous un vernis de sexe et de comédie. Marqué par les horreurs de la guerre, du communisme et du nazisme, Meyer restera toujours attentif à passer des messages dans ses comédies sexy. L'Amérique profonde en prend pour son grade avec Russ Meyer.

Et si les femmes de Russ Meyer sont assurément voluptueuses, parfois vénales, souvent aggressives, elles sont aussi féministes avant l'heure, décident de leur sexualité et parfois de leur sort dans la plupart de ses films. Elles ne se laissent pas marcher dessus et très souvent, ce sont les hommes qui prennent lourd. Ils sont parfois affublés de faux sexes grotesques, sont des bons à rien, des branleurs de première. Contrairement aux apparences, c'est pas la fête du slip tous les jours chez Russ Meyer. Sauf en 1970, où il sort Beyond the Valley of the Dolls, l'histoire d'un groupe de rock féminin (les Carrie Nations) prêt à à pas mal de choses pour atteindre Hollywood. C'est son premier film avec un gros studio, la Fox. Un succès. Fidèle à son habitude, il enchaîne sur un bide monumental, avec John Carradine, père de David, perdu de vu. Il fait plus rien David Carradine. Ah oui, c'est vrai, il s'est pendu le petit scarabée. Bref. The Seven Minutes, un drame sur le procès d'un écrivain accusé de pornographie fait douze entrées, il est viré de la Fox et se remet au boulot de son côté.


Blake Snake en 1972, ne fut pas franchement un succès mais les trois suivants Supervixen en 1975 avec fouyou, Shari Eubank, Megavixen avec un faux Hitler et Raven de la Croix, graaa, en 1976 et Ultravixen en 1979 avec Kitten Natividad, glups, sont des cartons. À la fin des années 70, Russ Meyer travaille sur un film intitulé "Who killed Bambi" avec les Sex Pistols. Après huit versions de scénario, le tournage débute enfin en Angleterre mais au bout de trois jours, tout s'arrête. Étonnamment, ça n'a pas trop marché entre les keupons anti-US anglais et l'ancien combattant moustachu. Après avoir dit en substance à Johnny Rotten que c'était les USA qui avaient sauvé l'Angleterre espèce de connard de merde, il s'en alla back in the USA et le film ne vit jamais le jour. Ultra Vixen, ou plutôt Beneath the Valley of the Ultravixen pour le titre original, sera son dernier film.


Oui, c'est en allemand, je sais.

Et là, vous croyez que comme je suis arrivé au bout de sa filmographie, ce bordel touche à sa fin ? Que nenni les amis, que nenni. Nous allons désormais aborder le Style Russ Meyer et commençons par le meilleur, j'ai nommé la splendide, la plantureuse, la bombastique Raven de la Croix alias Margo Winchester.


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Raven de la Croix est l'ultime Russ Meyer girl. Mais n'oublions pas pour autant par ordre d'apparition :


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Babette Bardot. Bien le bonjour badabe.

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Tura Satana, Haji, pré Béatrice Dalle et Lori Williams, la blonde, des femmes que faut pas les faire chier quand elles sont en bottines, en cuir et en Porsche. Ci-dessous, Shari Eubank, splendide parmi les splendides, Supervixen d'entre les Supervixen.


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Erica Gavin, la Vixen originelle.

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Uschi Digart qui a une manière bien à elle de faire les poussières.


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Christy Hartburg. Heartbeat, heartbreak, heart failure. Sa scène ne dure que 5 minutes dans Megavixen mais elle est mémorable et en plus, sa plastique irréprochable s'est retrouvée sur l'affiche, ce qui a grandement contribué à accroître sa notoriété. Bon, pas de regrets, elle est devenue républicaine ultra conservatrice limite facho mais boudiou de boudiou à 25 ans, elle envoyait du bois (dont on se chauffe).


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Edy Williams, qui deviendra par la suite Madame Meyer.


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Lorna Maitland, actrice du film éponyme à son prénom donc, "Lorna".


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Cynthia Myers. Gosh. C'est quand même mieux que Mike.


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Le style Russ Meyer, c'est aussi des gueules comme Charles Napier, méchant d'entre les méchants, dont il a contribué à la carrière en l'engageant pour Cherry, Harry and Raquel en 69 (année érotique, s'il en est).


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Et n'oublions pas Kitten Natividad, la Chatte de la Nativité si c'est pas un programme ça, parmi les égéries de Russ Meyer. La mini Mexicaine aux maxi roploplos, ex-danseuse de bar et charmeuse de barres, a beaucoup compté dans la vie du moustachu, bien qu'ils ne furent pas mariés contrairement à une vieille croyance mais ça suffit maintenant, les vieilles croyances, alors.


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Le style de Russ Meyer, c'est un doux dur et dingue mélange de pépées avantagées, de péquenauds arriérés, agrémenté de cadrages insolites, de personnages plus grands que l'ordinaire, que je vous recommande de voir ne serait-ce qu'une fois dans votre vie, si l'occasion se présente. Russ Meyer est larger than life.


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N'est-ce pas Madame ?

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Allez, bon vendredi, bon week-end, bonne bourre et à la semaine prochaine. Et n'oubliez pas de liker ci-dessous, de partager, de diffuser, de facebooker cette page sur votre profil ou même de vous abonner ou de cliquer sur "retour à l'accueil" pour voir plein d'autres choses moins poitrinaires mais tout aussi intéressantes.



 

 

commentaires

Francesca 05/09/2010 10:45



Ah ? Si tu le dis, je te fais confiance. Je suppose que tu parles en connaisseur :-)



PA Gillet 05/09/2010 12:07



Tout à fait, je le connais par (gros) cœur.



Francesca 04/09/2010 08:13



Ben dis donc, quel bonhomme ! j'ignorais presque tout de son trajet, merci ! Même si je reste de marbre à la vue des avant-scènes bovines de ses petites protégées...



PA Gillet 05/09/2010 00:19



Oui mais il faut parfois savoir aller au delà des apparences et derrière ces avants proéminents se cache plus de finesse qu'on ne peut le croire...



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