24 Septembre 2025
Si vous lisez ce blog depuis un certain temps (coucou, je suis reviendu), vous connaissez ma passion incommensurable pour Claudia Cardinale. Faites une recherche dans le moteur ci-contre et vous vous en convaincrez rapidement. Et hier, le choc. Claudia Cardinale a fermé les yeux pour toujours. Ces yeux noirs à la fois durs et tendres, mélancoliques et espiègles, ces yeux frondeurs d'une infinie tristesse que la joie illuminait parfois, et c'était si beau à voir. Car la vie de Claudia n'a pas été un long fleuve tranquille, loin de là. Cet enfant qu'elle a longtemps caché car issu d'un viol alors qu'elle n'avait que 17 ans. Innocence envolée en éclats, volée à jamais. Pourtant, elle décide de le garder, pourtant, elle s'oppose à la volonté de cet homme bien plus vieux qu'elle, ce salopard qui souhaitait qu'elle avorte pour cacher sa propre faute. Mais non. Force de caractère. Née en Tunisie mais Italienne de cœur, pays catholique, strict, pansant ses plaies par la dévotion après des années de fascisme, Claudia commençait à peine une carrière qui a vu les plus grands faire appel à son charme, sa présence, son talent.
Visconti, Fellini, Comencini, Abel Gance, Henri Verneuil, De Broca, Blake Edwards, Sergio Leone ne s'y sont pas trompés car derrière le physique explosif, la cinégénie évidente, le talent était là et fut vite reconnu par ces géants du cinéma. Car comment ne pas chavirer pour cette fragilité mélangée à une sensualité à fleur de peau ? Comment résister à ces billes noires, la délicate carnation de cette peau méditerranéenne hâlée au soleil de Tunisie, ce sourire plus ravageur qu'une peste noire, ce rire si franc que même Clovis, oubliant Clotilde, aurait déposé les armes promptement ?
Comment ne pas tomber amoureux de la virevoltante Venus dans Cartouche, gitane au rire éraillé, voix légèrement cassée, comme si cet oiseau pur avait besoin d'un supplément de charme ? Même notre Bébel n'a pu que se rendre à l'évidence. Toute résistance était inutile.
Comment ne pas tomber amoureux de Jill Mc Bain dès qu'elle sort de la gare dans "Il était une fois dans l'Ouest" de Sergio Leone dans cette scène d'ouverture mythique qui définit ce qu'est le western pour l'éternité ? Impossible.
Comment ne pas fondre quand on a 14 ans et qu'on la découvre dans Le Guépard sans rien connaître de la vie, du cinéma, de Visconti, juste qu'il se passe quelque chose là, chimiquement, physiologiquement, sentimentalement, quelque chose, un sentiment, une émotion, une vibration qui ouvre de nouveaux mondes dans les yeux charbon de Claudia, dans le port de tête de Claudia, dans la grâce de Claudia ?
Brune, je suis et resterai, parce que Claudia. Ce premier émoi qui ne s'explique pas, gravé dans le marbre de mes souvenirs, tatoué au fond de mon cerveau. La première fois que je suis tombé amoureux, c'était de Claudia Cardinale mais ne le dites pas à ma femme. Elle le sait déjà.