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Bienvenue en 2018

 

... Comme un goût amer dans la bouche. Un goût de métal, froid, glacial qui se transforme en haut le cœur. Une nausée pernicieuse, une nausée récurrente, une nausée quotidienne qui revient par vagues, clapotis ou lame de fond. Une nausée qui s'étend de la Hongrie à l'Italie, de la France aux États-Unis, de la Tchétchénie à l'Autriche, à la Syrie. Une nausée brune, une nausée sale à nos portes, chez notre voisin, chez nos cousins, une nausée qu'Art Spiegelmann a si bien illustré, une nausée qui se propage comme une gastro carabinée. De nos frontières, dans nos jungles improvisées, dans nos mers les plus méridionales où l'on continue de se baigner l'été alors qu'elles regorgent de cadavres d'enfants, de femmes, d'humains qui valent moins que rien. Dans nos rues où des pseudos religieux, faux dévots se battent contre la liberté de tous, défendent le droit à la vie de ceux qui n'existent pas encore et crachent sur celle d'autres humains comme eux, au nom de leur dieu. Chez nos voisins proches ou plus lointains où la chasse aux homosexuels, aux Roms ou aux migrants est lancée, où l'on parle d'épuration rue par rue, quartier par quartier, où les vieux symboles sont à nouveau de sortie. Une nausée qui monte un peu plus à la gorge tous les jours quand on sépare les enfants de leurs parents, chez nous, ailleurs, quand on les laisse mourir dans leurs écoles, quand on les tire comme des lapins dans la rue, quand on les laisse crever de faim dans leurs lointaines contrées en les regardant expirer dans nos petits écrans. Une nausée qu'on ne semble pas pouvoir retenir. Une nausée qui n'a pas de frontières, elle, une nausée légitimée, une nausée légiférée, une nausée que l'on excuse, que l'on accepte, une nausée à laquelle on s'habitue, qui devient commune, une nausée qui n'est plus qu'une page dans l'actualité. Comme une tache de vomi sur le sol.

Bienvenue en 2018

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