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SAS À LINTAS

par Pagman 31 Mars 2009, 07:58 SAS à Lintas


... Résumé des épisodes précédents :

Quatre amis rédacteurs chez Ammirati Puris Lowe Alice Lintas (en comptant les fusions successives) s'emmerdent royalement lors de l'été 1999. Il se mettent en tête d'écrire une parodie de SAS, en s'envoyant chapitre après chapitre par mail pour que chacun poursuive dans la lancée du précédent et ainsi de suite. Attention, pour les âmes et les yeux sensibles, ce texte contient des scènes très crues de sexe et en plus, à peu près toutes les dix lignes. Si vous n'avez jamais lu Gérard de Villiers, si vous êtes allergiques à la décoration de Claude Dalle et si vous pensez que Krisantem n'est que le nom de la fleur pour la fête des morts, passez votre chemin et allez lire un Marc Levy.

Merci à Nicolas Courant, Jérôme Lemoine et Benjamin Sanial pour leur participation à cette aventure qui n'avait d'autre but que de surenchérir de chute vaseuse en chute plus vaseuse encore et de s'amuser à en mettre des tonnes à chaque fois qu'il était possible de mettre juste des grammes. Merci aussi pour le courage dont ils font preuve dix ans après en acceptant que ce chef-d'œuvre littéraire inconnu de série Z, puisse trouver sa place au Panthéon des idées farfelues de créatifs désœuvrés en été avant le rush de la rentrée. Chaque paragraphe est signé en tête du nom de l'auteur.







1. Nicolas Courant.

Malko regarda sa Seiko Quartz et, d'un trait, vida son verre de Vodka Tonic, laissant malencontreusement une goutte dégouliner sur sa barbe de trois jours. La plantureuse Lynda était en retard, et l'absence de l'envoûtante blonde de Bangkok l'inquiétait vivement quant à ses chances de voir son liquide séminal couler à flots en cette tropicale nuit cambodgienne. Il posa son verre sur le comptoir pensant que le cliquetis des glaçons attirerait l'attention du barman. Seul un gros homme d'affaires solidement engoncé dans un Chesterfield réagit. Ses yeux quittèrent le décolleté pigeonnant de l'entraîneuse pour se poser, amorphes et dénués de toutes formes d'intelligence, sur le bar. Il tira une longue bouffée sur son Cohiba et, sortant un mouchoir de sa veste, épongea sa nuque suintante pour se concentrer à nouveau sur les charmes de son hôtesse. Plus soucieux de se faire servir, Malko ne prêta guère attention à lui et reprit son verre pour le reposer plus énergiquement sur le zinc. L'opération ne fit même pas sourciller le barman, tout occupé  à agiter un gin fizz dans son shaker chromé. Alors il la renouvela plus violemment encore, adoptant cette fois une position de main qu'il estimait plus opportune pour la perception du choc des glaçons. Le verre se brisa avec fracas entre ses doigts. - J'ai pas l'air con, pensa  Malko.



2. P-A Gillet

C'est alors que Linda entra dans le bar. La chaleur de la pièce augmenta en un instant, comme une éruption d'un vieux volcan que l'on croyait éteint depuis trop longtemps. Son déhanchement chaloupé acheva de faire complètement fondre les glaçons, qui semblaient rissoler de bonheur sur le zinc. Malko lui-même eut toutes les peines du monde à cacher cette formidable protubérance naissante qui transformait le tissu de son pantalon Smalto en vulgaire tente de camping. Linda s'approcha de Malko, suave et trempée comme un loukoum dans une tasse de thé, faisant rouler l'ensemble de ses courbes incendiaires sous le lin fin de sa robe dont le prix avait du être inversement proportionnel à la quantité de tissu utilisé. Malko ne pouvait s'empêcher de fixer les deux obus qui l'avaient pris pour cible. Il se rappela avec émotion la cravate de notaire que Linda lui avait infligée, car elle l'avait violé, pulmonairement parlant, dans le petit fumoir du château de Lintz, un soir où Alexandra s'était discrètement éclipsée avec l'un des lads de l'écurie pour se fourvoir entre le crottin chaud et les ballotins d'avoine qui la rendait complètement folle. Linda regarda la main sanguinolente de Malko et se mit à lui sucer l'index de ses lèvres gourmandes, pulpeuses et purpurines ce qui fit penser à Malko : "Tiens, j'y poserai bien mon gland..."




3. Jérôme Lemoine

La vision de cet O Positif énergiquement pompé par Linda donnait à la jeune femme l'allure carnassière d'une Elizabeth Bathory au sommet de sa carrière. Une princesse sanglante. Une Bloody Mary. ''Tiens, j'ai encore soif ''se surprit à penser Malko… Las ! Il y avait mieux à faire pour l'heure. Si Linda daignait lui laisser assez de sang, celui-ci pourrait se rendre utile ailleurs. Mais le fluide vital avait déjà trouvé une autre destination de rêve: Malko sentit soudain son membre se gonfler à la vitesse d'un gilet de sauvetage ! ''Plus de sang ?'' dit doucement Linda en retirant l'index de sa bouche. ''Il est parti par là'' rétorqua Malko en désignant la région de son ceinturon Versace. D'un geste sûr, Linda ajusta son serre-tête afin qu'aucune de ses mèches ne vienne s'interposer entre elle et lui. Malko se rejeta en arrière pour encore mieux savourer l'instant. Littéralement happé, il contempla ses doigts encore enfermés il y a peu ; une mince pellicule de salive les recouvrait et son action cicatrisante avait déjà fait effet. ''Beau travail '' pensa Malko en écoutant la nuit. Au loin, les grillons semblaient criqueter en rythme avec le va-et-vient du serre-tête… C'est alors qu'ils se turent de concert, comme alertés par quelques dangers que seul un instinct animal est à même de déceler. L'épine dorsale parcourue d'une brève décharge, Malko chercha son holster du regard. Linda, toute à son ouvrage, n'avait rien relevé. Dans un grincement sinistre, la porte s'ouvrit…




4. Benjamin Sanial

Cette façon d'ouvrir la porte, il la reconnut entre mille, comme il venait de reconnaître le silence qui la précéda et le bruit juste avant le silence. Linda, elle, prit ceci pour un râle de plaisir supplémentaire qu'elle s'appropria aussitôt. "Ça va péter " se dit-il, elle le sentit et se releva aussitôt, les yeux apeurés. "Il a pété" avait-elle compris. Avec une dextérité comme pas deux, Malko extirpa le calibre de son souple étui lustré. Lui-même sentait encore dans son cerveau un engourdissement certain. Pour ne pas dire un certain gourdin. Il savait bien que La Femme était son pire ennemi juste après son pire ennemi. Et justement, il se trouvait face aux deux. En un éclair tout ne fut que feu, flamme et foutoir, qu'enfer foufoune et Félicité, le serveur métisse derrière le comptoir, se mit à genoux suppliant les dieux et les nems sacrés que toutes les balles lui passent au-dessus de la tête. Il n'était pas fier ce félon de Félicité, cette fiente affreuse et affolante. La folie furieuse s'emparait de lui quand il décida de bondir hors de sa cachette. Mais L'immonde Rocco ne laissa pas passer une telle chance, Rocco la racaille comme le surnommaient à l'école ses camarades qu'il s'empressait aussitôt de faire taire pendant la pause cigarettes dans les toilettes De Dietrich. L'immonde Rocco ne le rata pas. Il ne rate jamais rien et le déplacement lourd de l'homme fut pour lui une cible facile. Lui qui chaque fois qu'il le pouvait organisait des chasses à l'homme, lui l'immonde brute, le vilain, la petite pute de salopard de merde. Lui qui avait fait souffrir tant de famille, dans un geste souple et animal, l'abattit d'une balle entre les deux yeux. Certes il était de dos, mais qu'importe, au sortir de la balle, les yeux n'étaient plus à la même place. Malko eut juste le temps de protéger Linda en l'envoyant sous une table Habitat...



5. P-A Gillet

Tandis que Félicité se vautrait dans son nouveau statut de cyclope et dans une mare de sang qui était le sien, Malko s'assura que Lynda n'avait pas été touché en la palpant ostensiblement un peu partout mais surtout ses tétons turgescents. Une fois cette inspection de routine terminée, Malko sortit son Sony à reconnaissance vocale et mémoire de plus de cent numéros et composa le numéro d'Elko Krisantem, son fidèle factotum et néanmoins complice de brisure d'os en tout genre. Elko attendait patiemment dans la Jaguar, non loin de là, voire même à deux rues d'ici. La jeune Comorienne qui s'activait de bas en haut avec parfois un léger mouvement circulaire et lingual fut éjectée de la voiture en une nano seconde et se retrouva incrustée dans le baobab géant qui servait d'ombrelle à la voiture. Celui-ci fit crisser les pneus parce que c'est toujours comme ça dans les SAS, et partit en trombe oubliant que le bar n'était qu'à une rue de là. Voyant son erreur, il fit marche arrière et renversa une petite vieille décatie et sèche comme un coup de trique avant de faire voler en éclats la devanture du bouge infâme dans lequel Malko était coincé tel Custer en pleine réserve indienne. Il releva Lynda d'une main ferme et au panier et s'engouffra dans la chic Anglaise. Instantanément, l'odeur du cuir Connoly lui titilla les narines et lui rappela la douce Margaret, une femme de poigne bien qu'un sacré tas de chair.

 

Il reprit ses esprits et ordonna à Elko de retourner rapidement et quand même le plus vite possible à sa suite de l'Intercontinental où une bonne bouteille de Dom Pérignon n'attendait que lui pour lâcher son flot de bulles à haute teneur benzénique au fond de sa gorge profonde comme dirait Lynda (pas celle de Malko, la Lovelace...).

 

Elko, le regard serré et la mâchoire au loin, comprit au sourire de Malko que la jeune Comorienne avait oublié de lui rentrer son dard étincelant dans le pantalon. Il pendait, flasque comme une montre de Dali sous Tranxène. Enfin arrivés, Malko tira Lynda hors de la voiture en attendant de le faire dans le jacuzzi qui surplombait la ville. Avant de rentrer dans Lynda et dans la chambre, il s'assura que la pièce était vide de tout autre occupant. Un laveur de carreaux finissait son travail mais Malko, par conscience professionnelle, lui vida son chargeur. Il n'aurait pas dû sourire. Lynda s'approcha langoureusement de Malko et...



6. Jérôme Lemoine

… La porte s'ouvrit : c'était Elko. "Je ne dérange pas?" s'enquit la brute aimable. Malko, répondant pour Lynda, le rassura sur ce point. Un ami peut toujours débarquer à n'importe quelle heure, pensa-t-il, même en plein milieu d'une érection ( Malko avait régulièrement des érections d'une heure). En d'autres temps, il se serait illico concentré sur une locomotive, une trépanation, une équation à multiples inconnues ou tout ce qui peut soulager l'étoffe délicate d'un pantalon Mario Puzzolli acheté en free taxe à l'aéroport de Dubaï. Mais pas avec Elko, pas avec un ami avec qui on a tout partagé, les mêmes dangers, les mêmes requins, les mêmes filles parfois, auraient-ils eu la même mère, Elko aurait été un frère. L'homme montagne retira sa veste étriquée qui sembla pousser un ouf de soulagement en volant jusqu'au portemanteau. Une large chemisette hawaïenne, où les grands pétales d'orchidées fuschias le disputaient aux auréoles de transpiration, apparut alors :  il semblait qu'un jardin botanique avait envahi la modeste suite, mais ce n'étaient pas les fleurs qui embaumaient le plus.

 

'' Un verre ?'' demanda Malko en s'accroupissant jusqu'au minibar. Il prit pour un oui le grommellement rauque sorti de la chemisette Inter Flora. Les yeux à hauteur des cacahuètes sous vide, il n'oublia cependant pas sa galanterie génétiquement transmise par les générations de hobereaux autrichiens qui constituaient sa glorieuse lignée : Et toi Lynda, tu veux encore te rincer le gosier? dit-il en caressant le fox-terrier d'une mini bouteille de Black&White.

 

Malko n'avait dit cela que pour une seule raison : tester la jeune femme sur sa capacité à saisir les double sens et, par la même, les potentialités de ses deux hémisphères (les seuls qu'il lui était impossible de tâter). Au '' Oui, j'ai soif'' qu'il reçut  pour toutes réponses, Malko en déduisit que Lynda était seulement dotée de capacités cérébrales élémentaires : lever le genou quand on le frappe, ouvrir la bouche quand un gland se projette à l'envers sur la rétine, et donc boire… Ou alors, elle cachait bien son jeu…



7. P-A Gillet

Grisée tant par le whisky que par les derniers évènements, Lynda tituba jusqu'au jacuzzi où elle plongea, tête la première. Relevant ses cheveux d'un geste l'Oréalien car elle le valait bien, Lynda lissa sa robe indécente. Dans un concours de tee-shirt mouillé, le jury l'aurait plébiscité haut la main, l'autre étant occupée à de basses besognes. Pour l'instant, la seule idée qu'elle avait dans la tête se trouvait à un bon mètre sous sa tête, dans un endroit humide à souhait.

 

Elle fit signe à Malko, d'un geste sans équivoque, qui signifiait à la fois : "mets-là moi toute" et "mmmm, encore, ton corps, mon corps". Malko, sans se départir de son flegme autrichien, moins connu que le Britannique mais tout aussi efficace, arracha d'un seul geste sa chemise Burps and Beurk, son pantalon Mario Puzzolli, son caleçon Froutovzeloum, ses chaussettes Old Groenland et même sa Seiko Quartz à mouvement perpétuel, ce qui n'était pas une mince affaire à faire tout ensemble. D'un regard, il congédia Elko dont les quarante douze centimètres de barbaque s'affolaient en frétillant dans son pantalon Licoupeur. Elko rangea ses démangeaisons au placard et partit de suite retrouver la jeune Comorienne sans glotte. Malko plongea à son tour dans le bain bouillonnant qui, pourtant, n'était pas en marche. Probablement le Chili de midi, pensa-t-il. Il pensait bien. Aussi désirable qu'elle fut, Lynda refoulait sévère de la rosette, ce qui donnait à toute intention de feuille de rose une touche pastorale tendance sanibroyeur SFA. Le téléphone sonna. Malko sortit du bain et jeta une prude serviette sur sa proéminente proue. C'était Edgar, son vieil ami du FBI. Sacré Edgar.



8. Jérôme Lemoine

''Malko, on a retrouvé la trace de Malo Stavrine!'' La phrase résonna étrangement dans l'oreille de Malko. Malo, le Chien de Sibérie ! Ou La Douleur de l'Equateur, c'est selon. Fruit d'un viol contre-nature entre un ancien gardien de Goulag et une jeune comptable du régime Castriste, Malo Stavrine était ce que la Terre pouvait porter de pire, sauf quand il était en avion. Malo était tout sauf un saint. Où ça, s'enquît Malko. Au Founana's, rétorqua la voix fatiguée d'Edgar. Le Founana's ! explosa Malko, mais c'est à Budapest ! Et alors ! dit Edgar sans se démonter, tu crois que t'es où? À Pnom Pehn? Exactement dit Malko pour lui clouer le bec : pour appuyer ses propos, il tendit le combiné vers la fenêtre afin que son interlocuteur entende bien les bruits de la rue. Dehors, des prostituées vendaient leurs services en version originale. Alors, dit Malko en reprenant le combiné, tu me crois maintenant?… Ok ok, admit Edgar, mais si j'étais de mauvaise foi, je pourrais te dire qu'il y a une forte communauté Cambodgienne à Budapest. Excuse-moi de t'avoir dérangé, vieux! Malko raccrocha. Il allait revenir dans Lynda lorsque l'appareil sonna à nouveau. C'est Edgar, ce bon vieil Edgar. '' On a retrouvé la trace de Npenpe De Clerk!…

Npenpe de Clerk! La phrase résonna étrangement dans l'oreille de Malko. Npenpe, la Chacal du Transvaal ! Ou La Frayeur du Kalahari c'est selon.

Fruit d'un viol ''sans consentement dans un premier temps'' entre un policier de Soweto et une jeune secrétaire de Mandela, Npenpe De Clerk était ce que la Terre pouvait porter de pire, sauf quand il nageait. Npenpe avait la peau noire mais le cœur d'un Blanc, de quoi être déstabilisé quand il allait pisser dans des latrines publiques au mauvais temps de l'Apartheid. ''Où ça ?'' s'enquît Malko. A Pnom Pehn, répliqua Edgar, dans le quartier Hongrois, c'est pour ça que je m'étais trompé. Rends-toi dare-dare au Debrecen et demande un goulasch à Imre, c'est le patron. Malko raccrocha. Il se tourna vers le jacuzzi où Lynda continuait de se toucher. ''Il faut que j'y aille !''. Et pour bien clore la discussion, il lui éjacula dans les cheveux.




... À suivre... dès demain.
 
 
 
 





commentaires

Sam 04/10/2010 23:26



Les voies d'internet sont impénétrables...


Je suis tombée sur ce texte par hasard, et j'avoue m'être régalée ^^


C'est tellement ça que De Villiers devrait le publier !


C'est même limite mieux, non pas limite en fait. C'est mieux.


je retourne à la suite, merci et félicitations aux auteurs.


Ils mériteraient tous d'avoir leurs intérieurs relookés C.Dalle gratuitement ^^


Et un séjour à Liezen !



PA Gillet 06/10/2010 12:24



Hello Sam que je ne connais pas, merci pour les trois autres auteurs à qui je passerai ton message.


Mais tu verras, il m'arrive d'écrire d'autres choses moins SASiennes. Je te recommande aussi La Vie est un Western, une chronique que je tiens de temps en
temps... http://pagillet.over-blog.com/categorie-11114989.html


 


See u



TAILLE-CRAYON 31/03/2009 11:01

Petit coucou...
A un blog trés sympa que je viens de découvrir et ou je reviendrais...

A bientôt....

Lorent et ses 2900 trésors les tailleS-crayon...

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