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Duel au soleil.

par Pagman 24 Septembre 2009, 08:52 La vie est un Western


... Nick "Shark" Ozzie regarda son adversaire dans les yeux, d'un regard plus froid qu'un crotale mort congelé. Depuis des années, Shark rêvait de loger une balle dans le dos, la tête ou dans le cœur de Don Vilpine. Il ne supportait pas sa classe naturelle, son port élégant du Stetson et le fait qu'il lui rendait un bon demi-mètre. L'homme de main de Shark, Pete Charrone, la pire charogne à l'ouest du Pécos, dégaina le premier du haut d'un contrefort au dessus du saloon car les hommes de main sont veules et toujours un peu cachés.

"Don, tu as beau ressembler à un Chippendale, être beau, grand et arrogant, tu vas perdre ce duel. D'ailleurs, il est perdu d'avance comme le sang qui va s'écouler de ton corps dans la poussière de cette rue avant de disparaître dans le sol de ce pays pour toujours. Car poussière tu es, poussière tu deviendras. Ha ha haa".

Charrone avait toujours tendance à en rajouter dès qu'il avait une audience attentive. Il en faisait des caisses.

Don Vilpine sentit la balle passer à quelques centimètres du feutre de son chapeau. Il aurait bien rendu la pareille mais ce n'était pas son genre de viser Shark Ozzie en dessous de la ceinture en disant "Hé ben, toi qui es moche, petit et condescendant, toi aussi, tu peux le perdre ce duel, na". Et puis l'attaquer sous la ceinture aurait nécessité de se mettre à plat-ventre et il ne voulait pas salir son nouvel ensemble en croûte de cuir d'appaloosa, troqué contre diverses verroteries et deux bouteilles d'eau-de-vie chez les féroces Indiens Ump.

Depuis que Dom Vilpine avait tenté d'empêcher Shark Ozzie de devenir Sheriff de la ville, les relations entre les deux hommes s'étaient tendues comme l'arc de Cochise décochant une flèche sur un visage-pâle très pâle.

Shark Ozzie fulminait, caché derrière son homme de main : "Gni gni gniii. Descends de là si t'es un homme".

Don : "Descendre d'où ? Je suis juste debout".

Shark fulmina doublement, du haut des talonnettes de ses santiags : "Gniii gniii gniii ! Casse-toi connard !".

Don : "Je t'attends dans la Grande Rue, nabot. J'espère que tu seras à la hauteur. Ha, ha, ha".



 

Précédés du bruit de leurs éperons, les deux homme sortirent en agressant les portes battantes du saloon qui n'avaient rien demandé. Prenant la foule à témoin, Don Vilpine lança : " Je suis ici par l'acharnement d'un homme, Shark Ozzie qui est aussi Sheriff  de cette ville. De ce duel, je sortirai libre et blanchi car je connais bien M. Ling, le blanchisseur de la rue d'à-côté qui me fait des prix d'enfer sur mon pressing et puis je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre".

Shark Ozzie manqua s'étrangler mais réussit malgré tout à décocher une nouvelle salve en hurlant d'énervement du haut de son mètre et demi, avec les mains en porte-voix, sinon on ne l'entendait pas.

"Gni gni gniii ! Le Coupable doit être traduit devant un tribunal ! Ca tombe bien, je suis super ami avec le Juge Roy Bean qui est La Loi à l'Ouest du Pécos. Et ça retombe bien, gniii, car on est à Chihuahuan au Texas, donc à l'ouest du Pécos. Ha ha, qu'est-ce que tu dis de ça, galopin ? Vile peau ! "

Doc Metzner, le porte-flingue de Don Vilpine tenta une diversion. "Shark Ozzie, tu as déjà traité d'assassin un homme avant même qu'il soit jugé ! Un berger en plus ! Et maintenant, tu dis que Don est coupable avant même que le couperet de la justice ne soit tombé sur sa blanche nuque ? Faudrait voir à arrêter de nous prendre tous pour des moutons. Un Sheriff doit être garant de l'indépendance de la justice, à l'ouest du Pécos ou pas".

Shark Ozzie : "Me porter garant ? Je préfère me porter pâle." 

Pâle, son demi-poney, juché sur les épaules de lutteur pygmée de Shark, s'étonna de ce renversement de situation inattendu bien que fort agréable. Leurs deux silhouettes disparurent dans le soleil couchant tel un poor lonesome cowboy avec un poor lonesome demi-poney sur le dos. Carlula Belluni, la danseuse préférée de Shark, pleurait toutes les larmes de son corps qu'elle a fort bien mis tout en regardant avec envie Bertie Nyak, pensant qu'elle en ferait bien son quatre heures. Pendant ce temps-là, Charlie "Gold Digger" Paskwa rigolait en regardant ce rodéo. Lui qui était bon, brute et truand en même temps, aurait réglé tout ça en un tour de colt.

Suite au prochain épisode : "Le Train sifflera trois fois pour une poignée de dollars sur les sept mercenaires quand il sera trois heures dix à Tombstone sur l'impitoyable Rio Bravo de la chevauchée fantastique d'Alamo".





 

commentaires

Côme 25/09/2009 13:21


Super article PA! très drôle et tellement bien vu. J'adore les noms :-D


Pagman 25/09/2009 13:25


Merci, il est passé inaperçu alors que c'est pile l'actualité :) Fais tourner...


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