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You got to lose

... You got to lose, you can't win all the time dit si bien George Thorogood, grand bluesman devant l'Éternel (s'il existe). Et c'est vrai (pas l'Éternel, la phrase). On apprend bien plus dans la défaite que dans la victoire. Comme disait un autre bluesman dans son style, Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j'apprends. Cette phrase de Nelson Mandela, 27 ans de prison pour défendre la noble cause qui l'animait résonne aussi dans mes oreilles quand je vois la fabuleuse épopée des jeunes hockeyeurs de l'équipe de France Junior qui vient de s'achever à Odisha en Inde par une très belle troisième place pour les Bleuets. Ces jeunes joueurs pétris de talent, de jeu et d'envie collective ont échoué aux portes de la finale après avoir perdu aux shoot-outs, sorte de penaltys "lancés" de ce noble sport qu'est le hockey sur gazon que j'ai pratiqué 25 ans. Car s'ils ont gagné la médaille de bronze face aux hôtes de l'épreuve, les Indiens et c'est pas rien de battre les Indiens chez eux, c'est parce qu'ils avaient perdu trois jours avant face aux futurs vainqueurs de l'épreuve, les Argentins.

Dans la défaite, ils ont appris, acquis, absorbé ce qui leur avait manqué. Ils ont appris que l'on peut être solide, sérieux, talentueux mais que s'il n'y a pas ce petit grain de folie, ce French Flair emprunté aux rugbymen, on peut être les meilleurs mais on ne gagne pas. Dans le match qui devait leur ouvrir les portes de la finale, ce fut leur seul défaut. Un attentisme contrastant avec la nature profonde de leur jeu créatif, joyeux et de leur vision de ce sport. Ne pas oser par peur de se découvrir, ne pas tenter par crainte d'être contrés. Et au final, accepter la loterie des shoot-outs qui leur fut fatale en bénéficiant à leurs adversaires sud-américains. Mais qu'importe la défaite, qu'importe cette finale qu'ils n'auront pas vus. Là n'est pas l'essentiel. Car ils auraient pu perdre (ou gagner) en finale mais ils n'auraient certainement pas autant appris. Tous ces jeunes talents de moins de 21 ans qui feront les beaux jours de Paris 2024 ont progressé ce jour là, dans les pleurs, dans la douleur, dans la déception. Et ils ont appliqué ces nouvelles connaissances lors du match pour la médaille de bronze en étant solides, rigoureux mais aussi fous et désarmants quand il le fallait. C'est ça, les Français. Capables de couper la tête d'un roi pour acquérir la liberté. Capables de se relever les pieds dans la merde, comme notre emblème le coq.

You got to lose
You got to lose
You got to lose
You got to lose
You got to lose
You got to lose

Alors de mon canapé où, quinqua et ancien hockeyeur du BJ et de La Générale (le CASG, pardon, le PJB), j'ai vibré et apprécié leur jeu, leur volonté, leur envie et leur folie, je leur dis d'abord bravo pour cette défaite ET bravo pour cette victoire qui sera le socle de nombreuses autres. Soyez solides, soyez rigoureux mais surtout, soyez vous et continuez comme ça en suivant Oscar Wilde : Il faut toujours viser la lune car même en cas d'échec, on atterrit dans les étoiles.

You got to lose

Et je vous laisse pour votre culture entre les mains calleuses est expertes de George Thorogood. Vous verrez, c'est pas tout à fait comme Jul, Kaaris et Orelsan.

Et pour fêter la victoire de cette médaille de bronze (mais avec modération, hein)...

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D
Bravo pour ce texte (Toujours hockeyeur à 74 piges, je ne connais pas Thorogood, mais il porte un nom à être bon). Tout à fait en accord avec le contenu. J'ajouterai que j'ai aussi adoré le jeu des indiens, sa fluidité, pour ne pas dire sa magie. Je regrette qu'on accorde un peu trop d'importance au penalty corner (le meilleur buteur s'apparente désormais au meilleur botteur au rugby), et je pense qu'on peut compter sur nos jeunes pour installer en 2024 le hockey français là où il devrait être. Nos amis belges nous ont montré la voie. There is good ! Come on comme on disait au Standard...
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P
Hello Dominique, longue vie au Standard que j'ai fréquenté avec le CASG et je vous souhaite bon pied, bon œil et bonne crosse.
F
Attention PA a trop parler des Jul, Kaaris et Orelsan tu finis par écrire comme Wejden

"entre les mains calleuses est expertes de George Thorogood."

mais comme toujours merci d'exister
Fred
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P
Bon ben il va falloir que j'aille voir qui est Wejden, du coup...