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À quel moment ça a merdé ?

... À quel moment ça a merdé ? À quel moment a-t-on accepté l'inacceptable ? À quel moment a-t-on choisi de ne pas se soucier de milliers de morts en Méditerranée ? À quel moment peut-on se baigner dans une mer qui charrie des bébés ? À quel moment on a choisi de se foutre de tout ? À quel moment on a trouvé acceptable ce qui ne le sera jamais ? À quel moment on a décidé que des Jeux Olympiques d'hiver sur neige artificielle, c'est pas grave ? À quel moment on s'est dit que construire des stades climatisés en plein désert par des esclaves sous-payés pour une Coupe du monde immonde, ça allait ? À quel moment on s'est dit qu'un Tour de France encore plus rapide qu'à l'époque de Lance Armstrong, ça ne posait pas de problème ? À quel moment on s'est dit qu'un ministre qui échange faveurs immobilières contre du sexe, ça passait ? À quel moment avons-nous perdu notre sens critique, notre sensibilité ? À quel moment est-il devenu logique de raboter les droits sociaux au bénéfice de ceux qui n'en auront jamais besoin ? À quel moment avons-nous choisi de ne plus être humains, juste des consommateurs qui ne peuvent résister à toute nouveauté ? À quel moment avons-nous perdu tout sens moral ? À quel moment le fait de croire en Dieu vous autorise à fouler aux pieds ses préceptes les plus simples ? À quel moment avons-nous arrêté d'aimer ?

À quel moment ça a merdé ?

À quel moment avons-nous perdu toute humanité ? À quel moment avons-nous accepté que notre planète, la seule qu'on ait, soit pourrie tous les jours pour du profit ? À quel moment sommes-nous redevenus des amibes ? À quel moment avons-nous prévu de réagir ? À quel moment notre bon sens va-t-il se réveiller ? À quel moment avons-nous choisi de laisser notre destin entre les mains de multinationales plus puissantes que des pays qui se foutent de tout sauf de leurs profits ? À quel moment notre valeur commune est-elle devenue pécuniaire ? À quel moment s'est-on dit que ce qui nous ressemble est plus important que ce qui nous rassemble ? À quel moment ça a merdé ?

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A
ça a merdé lors de la 1er crise pétrolière sous Giscard. J'étais un ado dans les années 70 et TOUT nous semblait possible, vraiment TOUT, le sexe ami sans capote, la technologie bienveillante, le retour à la terre, la littérature, un journalisme éclairé (si, si), un cinéma engagé et plaisant. Les années fin 80-90 amorcèrent le déclin, (souvenez vous l'arrivée de Tapie sous les ordres d'un socialisme caviar et déjà pourri, Chirac, Beaubourg, la destruction du Paris Populaire, la transformation du Marais ghetto en quartier Bobo,en France on n'a as de pétrole mais on a des idées, ma perceuse est atomique, le nuage de Tchernobyl qui heureusement ne traverse pas notre bel hexagone, affaire Malik Oussekine, etc..., etc....) <br /> <br /> On rêvait et on s''est réveillé en hurlant, notre monde de possible est devenu un cybermonde impossible. <br /> <br /> Heureusement on ne devrait pas souffrir longtemps (la bombe à retardement climatique compte à l'envers 10, 9, 8, 7...) mais notre fin sera horrible. Désolé Fred mais c'est plié...<br /> <br /> R.I.P L'humanité, que les fourmis qui survivront fassent mieux...
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L
juste au moment ou j'ai voulu plus que mon voisin.. et c'etait il y a longtemps deja !
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E
"Je dédie ce post à mes enfants et à tous les enfants de la terre.<br /> Puissent-ils avoir la clairvoyance et le courage que nous n’avons pas eus (et je ne leur demande pas de nous pardonner).<br /> Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.<br /> Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.<br /> Nous avons chanté, dansé.<br /> Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.<br /> Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.<br /> On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.<br /> Franchement on s’est marrés.<br /> Franchement on a bien profité.<br /> Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.<br /> Certes.<br /> Mais nous y sommes.<br /> À la Troisième Révolution.<br /> Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.<br /> « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.<br /> Oui.<br /> On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.<br /> C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.<br /> La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.<br /> De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.<br /> Son ultimatum est clair et sans pitié :<br /> Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).<br /> Sauvez-moi, ou crevez avec moi.<br /> Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.<br /> D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.<br /> Peine perdue.<br /> Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.<br /> Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).<br /> S’efforcer. Réfléchir, même.<br /> Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.<br /> Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.<br /> Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.<br /> Pas d’échappatoire, allons-y.<br /> Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.<br /> Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.<br /> À condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut être.<br /> À ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.<br /> À ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore. »<br /> Fred Vargas
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