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D'un football l'autre

David Garnier, auteur du livre "D'un football l'autre" (préfacé par Pierre Cangioni, excusez du peu) est un ami depuis fort longtemps. Depuis le jour où nous nous sommes retrouvés dans une salle de classe avant la rentrée et où son humour a immédiatement fait mouche face à d'autres parents tellement cul serré qu'ils devaient chier des diamants par grappes au petit-déjeuner. Il y a des gens comme ça que vous sentez immédiatement, avec qui ça colle naturellement. David en fait partie. Nous avons pourtant des visions assez différentes du monde. David est un animal préhistorique partouzeur de droite alors que moi je suis un animal préhistorique pas sexuellement partageur de gauche. Sauf quand il s’agit de sa femme avec qui j’ai eu une relation torride et brûlante sur le capot d'un 4x4 dans le désert du Maroc juste en face de la chaîne de l’Atlas mais c’est une autre histoire que nous ne narrerons pas aujourd’hui par décence pour dame Marianne.

S'il y a bien une chose sur laquelle nous nous rejoignons avec David, c’est notre vision du football. Et David est amoureux de ce sport comme je le suis depuis 1978 et une Coupe du monde déjà navrante chez le délicieux démocrate Jorge Rafael Videla. Comme David sort un nouveau livre (son troisième, je crois) sur le thème du football il n’en fallait pas plus pour que je lui offre bien volontiers cette tribune sur Après La Pub.

D'un football l'autre

Le football de David, c'est à la fois celui de Claude Papi, de Mustapha Dahleb, de Luis (le jouôr plus que l'entraînôr) Fernandez, de Maradona, Platini, Sušić, Waddle, Cantona et aussi de Rod Stewart car David est en sus grand amateur et érudit musical, fan n°1 de Lynyrd Skynyrd alors que moi, c'est plus Leadbelly. Un autre point de désaccord qui anime nos longues soirées amicales et que nous ne narrerons pas plus que ma relation avec sa femme, non, n'insistez pas. Par contre, je vous laisse avec ces quelques mots de David et le lien où vous pouvez commander son livre en quelques clics FNAC D'un football l'autre par David Garnier, ce que vous ne manquerez pas de faire car Noël approche et l'un dans l'autre, c'est pas con du tout d'offrir ça à vos amis partouzeurs de droite ou de gauche amateurs de football vrai.

D'un football l'autre
D'un football l'autre
D'un football l'autre
D'un football l'autre
D'un football l'autre
D'un football l'autre
D'un football l'autre
D'un football l'autre
D'un football l'autre

Car sans aucun doute, et ce, sans l'avoir encore lu à part quelques extraits, je sais que David qui parle de foot, c'est un David qui va me parler. Et si vous aimez le foot et que vous avez plus de quatorze ans d'âge mental, bref que vous n'êtes pas #CheminDuRoi, les probabilités sont très importantes que vous appréciiiez aussi. Mais voyez plutôt (pas l'ami de Mickey) ou lisez plutôt les quelques extraits ci-dessous pour vous faire une idée et si ça vous parle, c'est que David n'est pas Bernardo et que, de fait, vous n'êtes pas Zorro mais là, je m'embrouille un peu.

D'un football l'autre

Extraits :

 

Généralement, dans le monde, dans chaque ville ou chaque quartier, il existe un club, une «société», une entité sportive et donc sociale qui unit tous les habitants. Il peut y en avoir 2, ou 3, et alors le quartier sera subdivisé en fonction des couleurs. C’est un principe vieux comme le monde qu’illustre historiquement le célèbre Palio de Sienne. Cette course de chevaux en plein centre qui oppose tous les quartiers de cette petite ville depuis le XVIème siècle et même avant. Ou encore le Calcio Storico florentin, mélange de football, de soule, de rugby et de baston générale, dont les origines se situent à peu près à la même époque.

 

Il est même possible de remonter encore plus loin. Imaginez-vous que la guerre civile qui a secoué Constantinople en 532 causant la mort de près de 30 000 personnes ainsi que le fameux incendie de la Basilique Ste Sophie trouve son origine… dans une rixe entre supporters ! L’histoire est assez délicieuse pour être rapidement contée. À l’époque, les courses de chars, c’était un peu la Ligue des Champions, ou plutôt la Serie A, l’empereur était romain n’oublions pas.

 

Lors de chaque course, chaque char représentait des équipes, des couleurs. En ville, on était bleu, vert, blanc ou rouge, peu importe mais on était supporter d’une équipe, une faction pour être plus juste dans la terminologie. Chaque faction avait son identité, les verts généralement plus populaires tandis que les bleus plutôt proches des élites. Comme aujourd’hui, il y avait dans les rangs des supporters une partie qui ne venait que pour le plaisir de voir leurs couleurs triompher, et d’autres un peu plus ultras.

 

Autour des arènes il était même possible, disent les historiens, d’acheter les tuniques aux couleurs de sa faction, sortes de boutiques du supporter avant l’heure. C’est lors d’une journée de courses que tout a dégénéré. Les factions bleues et vertes commencent à s’invectiver dans le stade, des projectiles volent, puis les supporters («supporterus») les plus virulents insultent carrément («Oh Hisse enculus») et finissent par cogner («Bastonus generalum»), et forcément, tout part en vrille.

 

Bilan : guerre civile, émeutes, affrontements, 30 000 morts et plus de basilique Ste Sophie. Et c’était il y a 1 500 ans !

 

à propos de Maradona :

 

Nous en entendions parler depuis quelques années, loin d’internet et des images faciles, nous entendions parler du petit génie de la Villa Fiorito dans les faubourgs de Buenos Aires, nous avons vu quelques images furtives de lui en train de jongler avec sa gueule d’angelot et annoncer qu’il avait deux rêves, jouer une coupe du monde pour l’Argentine, et la gagner. Nous avons vu ce jeune garçon génial brisé en 2 par un basque sauvage lors de son passage à Barcelone, et puis… et puis… Le petit génie a basculé dans une autre dimension. Point de départ, son arrivée au Napoli, 1984.

 

Et des images… Tant d’images… Enfin. Comme par hasard, 84, année de naissance de Canal Plus. Et là nous comprenons, jeunes ados, ce qui est en train de se passer. Nous allons être les contemporains d’un des phénomènes les plus hallucinants que l’on puisse observer. La consécration d’un mythe. Nous sommes tous, à ce moment-là, Bernadette Soubirous. Un de ces évènements dont on reparlera dans 100 ans en et dont nos petits-enfants diront : mon grand-père m’en a parlé, il vivait à cette époque. Comme mon père avec di Stefano, mon grand-père avec la Wunderteam autrichienne ou le boxeur Georges Carpentier. A chaque fois on se dit «Mais merde quelle époque et moi j’étais pas né !». Mais là, nous étions nés, et bien nés, juste à temps, certes notre génération en a loupées des révolutions, Hendrix, Led Zep ou les Sex Pistols, ratés. Mais Diego, on l’a eu, putain on l’a eu et bien eu.

 

Et forcément, malgré le Grand Michel, LUI sera au-dessus, car IL n’est pas qu’un joueur de football.

 

 

à propos du Challenge Tourtel (ou Wanadoo) :

 

Vous connaissez le petit gros du challenge de mi-temps ou le Coréen qui jongle ?

 

Pour moi, l’anecdote qui reflète totalement le Parc, c’est celle du petit gros au challenge Wanadoo (ou Tourtel ou Nike en fonction des époques). Mi-temps d’un match pourri, normal, le challenge avec les jeunes représentant les équipes de jeunes de clubs de la région qui partent du milieu du terrain pour marquer seuls face au gardien adverse. Généralement, le public regarde le truc d’un œil, s’en fout, et applaudit vaguement quand un mec fait un beau geste. Mais dans l’ensemble tout le monde s’en fout (sauf nous parce que comme je vous l’ai dit, nous pimentions les soirées en mettant de l’oseille sur ce challenge ! ).

 

Le dernier tireur, pour la victoire de son équipe… Il part du centre du terrain. Le gamin mesure 1m30 pas plus et doit peser 80 kg, son maillot laisse dépasser son ventre.

 

Le temps qu’il met à arriver face au gardien en conduisant sa balle depuis le milieu de terrain… Une éternité ! Et là, le Parc devient quasi silencieux, aperçoit ce môme et se met d’un coup à l’encourager, à se foutre de sa gueule aussi, bref, le môme a 30 000 types sur le dos et une clameur qui monte. On se dit : «S’il tombe, roule sur le ballon, sa vie est terminée, tout le monde va se foutre de lui, il ne se remettra jamais de l’humiliation». Il arrive devant le goal, lui fait une roulette et un passement de jambe et marque.

 

Je vous jure que l’ovation qu’il a reçue ce jour-là, j’ai vu peu de joueurs en recevoir. Il a fait son tour de terrain, tout le parc debout devant ce môme pour qui, nous le présumions, tout n’avait pas dû être facile, c’était hyper émouvant. Très anonyme aussi. Sincère. Le Parc quoi. On ne venait pas forcément voir que des stars et se friter, et insulter un mec pour l’insulter, tout ça c’était le folklore. Tous les mecs présents au stade se souviennent du «petit gros du challenge Wanadoo», comme les plus vieux se souviennent du «Coréen qui jongle», un type venu faire une exhibition à la mi-temps dans les années 80.

 

Pour commander le livre : D'un football l'autre David Garnier FNAC

 

D'un football l'autre
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L
chier des diamants par grappes au petit-déjeuner<br /> :-D
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L
nan mais sinon il a vraiment l'air tres bien ce bouquin !